Dur, dur, l’examen
Il y a quelques jours, je déplorais le fait que les recteurs d’université ne cessent de baisser la barre afin d’aider les futurs enseignants à passer leur test de français obligatoire.
«Les futurs profs vont pouvoir passer l’examen cinq fois, écrivais-je. Et s’ils se plantent, ils auront droit à un cours de perfectionnement en français!»
«Pourquoi ne pas changer l’examen et le rendre plus facile afin de faire passer davantage d’étudiants, tant qu’à faire?»
Connaissance parcimonieuse
Cette chronique m’a valu plusieurs courriels, dont celuici que je trouve particulièrement savoureux. (Je cache le nom de la signataire par charité humaine.)
«Je ne suis pas d’accord avec votre chronique. Je vais commencer ma deuxième année de bac en enseignement primaire en septembre.»
«J’ai passé le test de français cet été. J'ai réussi la partie rédaction à 95 %, mais j'ai échoué la partie code linguistique à 60 %.»
«Je ne sais pas si vous avez déjà essayé de passer cette partie du test, mais, sérieusement, en tant que futur enseignant, est-ce qu'on a besoin de savoir ce que le mot “parcimonie” veut dire? Pensez-vous qu'un enfant va arriver en classe un bon matin et me demander: «Madame, qu’est-ce que ça veut dire, le mot parcimonie?»
«On n'est pas des ordinateurs, on est des humains et c'est normal, pour un humain, de ne pas connaître tous les mots…»
Les enfants de la facilité
Vous avez bien lu. Demander à un futur enseignant qui en est à sa DEUXIÈME année d’université de connaître la définition du mot «parcimonie» est trop exigeant!
Pas étonnant qu’Umberto Eco va sortir une version simplifiée de son best-seller Le nom de la rose. Les gens connaissent de moins en moins leur langue, lisent des livres de plus en plus faciles, écrits avec des crayons de plus en plus gros…
Partout, sur les plages, aux abords des piscines et dans les parcs, on voit des adultes lire des livres destinés aux adolescents: Harry Potter, Marc Lévy, des sagas historiques qui semblent avoir été écrites pour la télé…
Qu’est-ce que vous voulez faire contre ça?
Ce n’est pas seulement le système d’éducation qui s’enfonce dans la médiocrité, c’est la société au grand complet. La notion d’effort fout le camp, l’art cède la place au divertissement, les gens parlent n’importe comment, et, indignez-vous, un pamphlet de 32 pages rempli d’élucubrations marxistes simplissimes passe pour un essai magistral.
Richard Martineau, le 28 août 2011
Lien: Journal de Montréal
* * *
Il a raison, malheureusement. Comment peut-on brader le niveau de notre langue de la sorte ?
Pour garder le moral, lisez ses chroniques avec parcimonie...
Le niveau de français de nos enseignants...
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Re: Le niveau de français de nos enseignants...
Je l'avais lue cette rubrique...épouvantable!
- Murray#3
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Re: Le niveau de français de nos enseignants...
Ma prof de socio (doctorat en sociologie) fait constamment des fautes de français. Tellement, que parfois, j'ai de la difficulté à comprendre le sens de ses phrases dénuées de ponctuation.
Elle fait également beaucoup de fautes de grammaire, mais au moins, ça ne change pas le sens d'une phrase au complet, comme la syntaxe.
Elle fait également beaucoup de fautes de grammaire, mais au moins, ça ne change pas le sens d'une phrase au complet, comme la syntaxe.
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Re: Le niveau de français de nos enseignants...
Mark a écrit :
Pas étonnant qu’Umberto Eco va sortir une version simplifiée de son best-seller Le nom de la rose. Les gens connaissent de moins en moins leur langue, lisent des livres de plus en plus faciles, écrits avec des crayons de plus en plus gros…
Bonsoir,
HEIN????? Eco? Faire ça??? Pour avoir lu Le nom de la rose et son apostille, ce serait dénaturer profondément sa lecture que de le simplifier! Les 150 premières pages sont si difficiles qu'il vient souvent à l'esprit de vouloir abandonner le livre. Mais c'était une volonté d'U. Eco de les rendre quasi inaccessibles. Toute l'oeuvre ne parle que de ça: aux courageux le sens!
Il me tarde de lire Umberto Eco lui-même pour comprendre pourquoi il désire la simplification... Cet auteur est génial car il est capable de parler de la lecture comme personne. A mon avis, sa motivation n'est pas tant dans la simplification que dans l'adaptation à un mode de lecture contemporain (les exigences numériques ont profondément changé la manière de lire, c'est indéniable...) Du moins j'espère!
M'en vais de suite trouver des informations... ça me titille

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Re: Le niveau de français de nos enseignants...
Richard Martineau ne serait pas à une approximation près...
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Re: Le niveau de français de nos enseignants...
Bonsoir,
C'est un véritable projet, il semblerait qu'il sorte en janvier 2012 en France... En revanche, ce que j'ignore, c'est la motivation de U. Eco... La vulgarisation du Nom de la Rose me semble peu compatible avec l'objectif recherché à sa parution, et affirmé à la parution de son Apostille. Le fric? (alors, là, ça me ferait mal au coeur, définitivement...)
C'est un véritable projet, il semblerait qu'il sorte en janvier 2012 en France... En revanche, ce que j'ignore, c'est la motivation de U. Eco... La vulgarisation du Nom de la Rose me semble peu compatible avec l'objectif recherché à sa parution, et affirmé à la parution de son Apostille. Le fric? (alors, là, ça me ferait mal au coeur, définitivement...)